"We haven't been everywhere, but it's on our list"


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"Travel is the only thing you buy that makes you richer"


La fois qu'on a choisi de ne pas monter le Kilimandjaro

La fois qu'on a choisi de ne pas monter le Kilimandjaro

En Tanzanie, près de la frontière du Kenya, au pied du Kilimandjaro, il y a Moshi. Cette ville est devenue notre pied-à-terre pour notre premier mois en terre africaine. Première impression : c’est vert, très très propre et les gens nous accueillent à coups de Karibu Sana (bienvenue beaucoup) et de grands sourires! Cet accueil chaleureux est totalement typique de la culture africaine, mais à Moshi, ça l’est doublement car on est soit touristes en quête de monter le Kili ou de faire un safari (💲) ou soit volontaires (💕). Qu’on soit l’un ou l’autre, ils apprécient notre présence, parce qu’ils en ont malheureusement besoin pour vivre.  Source de revenus ou aide humanitaire, on est plus que les bienvenus. Pas surprenant que le taux de criminalité et de vol augmente en basse saison parce que leur qualité de vie diminue. Triste.   

Ça fait du bien de sentir que les locaux sont contents de nous voir. Par expérience, disons que ce n'est pas toujours le cas. Par contre, leur approche peut changer selon le costume qu'on porte. Habillées en North Face de la tête aux pieds, en ayant l’air perdues dans les rues de Moshi avec un café à la main, on a les mots « clients potentiels » étampés dans la face. On se fait donc accoster, suivre et offrir des trucs touristiques de façon insistante, mais toujours respectueuse. Un classique gossant mais comprenable! Mais en tant que volontaires, quand on est vêtues de nos pantalons africains, en sortant du dalla-dalla local, baragouinant en swahili, achetant des fruits et légumes au marché, on sent qu’on se fond dans la masse, qu’ils apprécient notre présence pour qui on est, et non pour "un-touriste-parmi-tant-d’autres". On a même droit à des “Asante sana for your cooperation” (Merci beaucoup pour votre aide). On se sent vraiment appréciées! Vous auriez dû voir l’accueil qu'on nous a fait quand on est tombées sur une école secondaire en fouinant dans le village où on fait du volontariat… deux reines en cavale ;) Et très important, tout ça SANS arrière-pensée.

Ici, ils utilisent le mot "Mzungu" pour nous complimenter. Ce qui signifie "blanc qui voyage", un peu comme Wanderlust en swahili

Au quotidien, on n'a pas l'impression que les habitants de Moshi nous voient comme un moyen de s’enrichir.  Ils ont un esprit d'équité remarquable en ce qui a trait à la vie courante. Il n’y a pas de “prix locaux” vs “prix de touristes”. On n'est donc pas constamment en mode négo. Nourriture, transport, linge, bijoux, quincaillerie (hihi)… c’est le même prix pour tous. Par contre, en ce qui concerne les attraits touristiques, c'est une toute autre histoire. Là, c’est toujours un peu consternant à quel point c’est hors de prix! 2000$ pour 6 jours à monter le Kilimanjaro, des safaris à 200$ par jour, environ 300$ pour 2 jours dans un village Maasai, et ainsi de suite. En plus, c'est ce qu'on a trouvé de moins cher! Au début, on n’en revenait pas, mais on appris par la suite qu’une grande partie des coûts est liée aux frais de parcs nationaux et de permis. Argent qui est ensuite redistribué dans le pays pour construire des écoles, des infrastructures, des hôpitaux, etc.  Donc, au moins, c'est pour une bonne cause. Seul moyen de profiter de ces attraits à plus petit prix : être un guide/porteur ou être un citoyen de l'Afrique de l’Est. Chanceux? Oui, parce que leur citoyenneté leur donne accès à des trucs pas mal plus cool que la bibliothèque municipale, mais la plupart ne peuvent quand même pas se permettre de visiter ces merveilles naturelles qui les entourent. Tellement dommage!

Mais malgré notre volonté de contribuer à la santé économique de la Tanzanie, on ne peut pas négliger notre propre santé économique. Et vu qu’on voyage pendant longtemps, ça a généré plein de dilemmes! Le plus gros : est-ce qu'on tente l'ascension du Kili? Depuis 3 semaines, c’est un vrai débat intérieur : 
“C’est tellement cher, ça n'a presque pas de bon sens!”
“Mais c’est l'expérience d’une vie et c'est un des 7 sommets!”
“Mais c’est 2-3 mois de voyage en Asie, on pourrait voyager tellement plus longtemps!”
“Mais c’est la plus haute montagne solitaire au monnnnnnde!”
“Mais on va faire le trek du camp de base de l'Everest dans 1 mois et demi!” (spoiler hihi)
“Mais on est là, au pied du toit de l’Afrique, on ne peut pas ne pas le faire!”
“Ou... On fait un safari plus long, on se gâte à Zanzibar et on va 2 semaines en Afrique du Sud boire du bon vin?!” (autres spoilers)
"DEAL!!!!!" 

Alors après tout ça , voilà comment on a fi-na-le-ment décidé de ne pas gravir le Kilimandjaro… Ou du moins, ce n'est que partie remise! On va donc mettre nos chapeaux de touristes le temps d’un incontournable safari, mais pour le moment, on va rester dans nos habits de volontaires et de backpackers, qui nous vont comme un gant!

La fois qu'on a dit "Tutaonana siku nyingine"... Ce n'est qu'un aurevoir!

La fois qu'on a dit "Tutaonana siku nyingine"... Ce n'est qu'un aurevoir!

La fois qu'on a choisi de donner au suivant

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