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La fois qu’on a fait une retraite de yoga au Nepal

La fois qu’on a fait une retraite de yoga au Nepal

On n’est pas des yogis. On aime le yoga, la notion d’équilibre et de perfectionnement des aspects physique et mentale que ça apporte, mais ce n’est pas une vocation.  C’est plus qu’un sport, mais ce n’est pas un mode de vie. On n’est pas végétariennes, on ne se lèvera pas à 4:30am pour faire de la méditation parce que c’est à cette heure que les énergies sont les plus favorables, et on n’adhère pas totalement à l’ascèse morale qui provient d’une culture vraiment différente de la nôtre. C’est ce qu’on a appris durant notre retraite de yoga et méditation de 2 semaines au Népal.

Au départ, on voulait faire notre cours de 200 heures pour avoir notre certification de professeur de yoga. Parce qu’on aime pratiquer le yoga physique, qu’on aime la spiritualité qui l’entoure, et qu’en tant que voyageuses, ça serait un bon atout. Mais après mûres réflexions, on a réalisé que c’était beaucoup de temps et d’argent pour PEUT-ÊTRE un jour donner un cours. Parce que ce n’est pas notre but dans la vie, ce serait juste un plan b, même un plan c-d-e-f! Alors on s’est dit qu’on ferait simplement aller se tremper dans cette philosophie pour 2 semaines, sans pression, juste pour l’amour de la pratique.  Avec méditation et philosophie du yoga en prime. On a trouvé le lieu parfait, paisible, avec vue sur l’Annapurna (chaîne de l’Himalaya), et sur le lac Begnas. Un univers complètement différent de ce qu’on a expérimenté au Népal jusqu’à présent. Au beau milieu d’une nature plus dense et sauvage, on se croirait quasiment en Amazonie. En colocation avec des geykos, araignées et grenouilles, on s’est installées pour deux semaines de repos et de bien-être. 

On a été servies côté bien-être, mais ce n’était aucunement reposant. Parce que le yoga, dans sa forme la plus traditionnelle, va au-delà du « flow » qu’on aime tant faire. Les premiers jours, fraîches et dispos, ça allait bien, mais après une semaine incluant une quinzaine de pratiques de yoga physique de 2 heures, de la méditation matin/soir et quelques balades dans la brousse, nos corps ont commencé à avoir besoin de repos.  C’est là que le mental a embarqué. Mais ce n’est pas facile d’afficher un sourire quand tu fais trois salutations au soleil en 1h20 (pour ceux qui n’ont pas de référence yoga, ça prend environ 20-30 minutes, ce qui veut dire qu’on tenait les positions vraiiiiiiimemt longtemps). Dans un cour, on s’est même dit que c’était quasiment de la torture. Souffrir pour apprendre à être disciplinées et patientes! Parce que c’est ça le yoga. C’est un travail ardu, qui dure toute la vie. 

C’est une pratique de discipline et d’endurance pour forger le corps, mais aussi l’esprit et le mental.

Heureusement, malgré les courbatures et la fatigue, on a fini par se sentir plus confortables dans les poses, à maîtriser notre respiration et à se sentir à l’aise en méditation. Le côté bénéfique de la pratique est évident, mais on est encore loin de trouver cela reposant. Ce n’était pas tout à fait l’idée qu’on avait de la retraite. On pensait plus venir toucher un peu à tout et expérimenter, mais on a plutôt été imprégnées dans le yoga Hatha traditionnel, avec seulement quelques postures et un enseignement rigoureux de celles-ci. Ce n’est pas mauvais, loin de là, mais on a dû apprivoiser cette technique. Et après l’avoir apprivoisée, on a fini par l’aimer.  Et après l’avoir aimée, on a commencé à la maîtriser.  Et c’est là que le bien-être est à son apogée. Le pouvoir du mental... et du prof. Parce que comme le yoga est vraiment complexe, un bon prof change tout. Si on a un conseil à vous donner dans le choix d’une retraite de yoga, c’est qu’au-delà du lieu paradisiaque, du prix, des commentaires des autres, il y a le prof, avec sa méthode d’enseignement, son background, et surtout sa philosophie. Notre prof est un excellent enseignant pour le côté physique du yoga, exceptionnel même. Il maitrise parfaitement l’art d’expliquer les postures et de nous faire comprendre l’importance des détails.  En 10 jours, on a vraiment amélioré notre pratique, parce qu’on comprend ce qu’on fait, pas juste à cause du « muscle memory ». Ses compétences à ce niveau sont indiscutables.

Mais au niveau philosophique, il ne nous a jamais rejointes. Au fil des premières discussions, on a senti que quelque chose clochait.  Des idées qui faisaient plus que nous confronter, mais qui nous choquaient. Quelques contradictions qui ont brisé la crédibilité. Un manque d’écoute face à nos opinions qui ont installé un climat de discussion inégal.  Au début, on se demandait si ce n’était pas un manque d’ouverture de notre part, mais en voyant la réaction des autres personnes avec nous, on a compris qu’on n’était pas le problème. En fait, tout s’explique, selon nous, à un manque d’expérience flagrant dû à son jeune âge (24 ans!?!).  Déjà que la philosophie du yoga traditionnel est hyper complexe, il faut vraiment avoir du vécu pour l’enseigner.  Et il n’en a pas... encore! On a donc dû prendre du recul et annuler l’heure de discussion philosophique. Dans quelques années, on serait prêtes à lui reprêter une oreille attentive. Avec sa discipline, son dévouement, sa volonté et son expérience déjà vraiment bonne pour son âge, il devrait devenir un excellent prof... un jour! D’ailleurs, lui-même, dans sa grande humilité, a dit qu’une personne ne devrait pas enseigner le yoga avant l’âge de cinquante ans, que lui ne faisait en fait que partager ses connaissances de yoga, qu’il ne l’enseignait pas... qu’il était ici pour apprendre... et pour survenir à ses besoins.

On a donc capitulé à apprivoiser la philosophie et les idéologies qui y sont reliées pour le moment. Mais on est quand même reparties avec une base de yoga beaucoup plus solide qui va nous permettre de le pratiquer par nous-mêmes quand la petite partie yogi en nous voudra refaire surface. D’ici là, on va aller manger des momos à la viande, boire un bon verre de vin, et faire la grasse matinée :)

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