"We haven't been everywhere, but it's on our list"


" Life begins at the end of your comfort zone"


"Travel is the only thing you buy that makes you richer"


La fois qu'on a mis les pieds au camp de base de l'Everest!

La fois qu'on a mis les pieds au camp de base de l'Everest!

Pour nous, le Népal est un pays qu'il faut absolument mettre sur sa bucket list, mais ce n'est pas l'avis de tous. Parce que Katmandou, c'est poussiéreux, étourdissant, bruyant, sale... mais nous, on trouve que c'est vivant et on s’y sent tellement bien! Et en fait, Katmandou est seulement la porte d'entrée à des merveilles bien cachées, il faut donc sortir du chaos pour pouvoir sentir l’air des montagnes. En 2013, on avait apprivoisé Katmandou et survolé Pokhara et la région de l'Annapurna pour immédiatement savoir qu'il faudrait revenir un jour. Cette année, on s'est enlignées sur Lukla et la mystique région de l’Everest, un rêve qui nous habite depuis notre dernier passage au Népal. L'Himalaya nous a grandement intriguées, voire un peu ensorcelées. Depuis, la lecture de Into thin air et Instinct de survie n'ont fait qu'intensifier cet intérêt. On n'a aucunement les capacités de monter l'Everest, mais on a décidé d'au moins s'en approcher le plus possible. Camp de base, on arrive! On part dans 2 jours, on a hâte, on est stressées… mais on est prêtes! Depuis le temps qu’on l’attend ce trek! On se lance dans cette aventure comme on se lancerait dans un pèlerinage: libres, ouvertes et sans pression. Allons découvrir ce que le toit du monde a à ses pieds. C'est parti!!!

Jour 1 (27 septembre) : Phakding - 2610m - 7km - 2h30 de marche 

Premier gros défi pour nous, à part le fait qu'on ne boira pas de vin pendant 2 semaines : le vol Katmandou-Lukla. On n'est pas des grandes fans de l'avion à la base, alors l'idée de se rendre à l'aéroport le plus dangereux au monde a provoqué pas mal de stress, disons qu’on n’a pas vraiment dormi de la nuit. Il paraît que c’est un vol qui peut être assez roller coaster! Et ça fait déjà 2 jours que les vols sont annulés à cause de la mauvaise température. Mais Dame Nature est de notre bord et nous permet de commencer notre aventure en beauté avec un des plus beaux vols qu'on a jamais fait. C'est assez exceptionnel de voler à quelques pieds de la cime des montagnes et d'atterrir au milieu de celles-ci comme si la la piste d'atterrissage n'était que la continuité de notre ligne de vol. Contentes d'avoir passé au travers de cette épreuve, on rencontre Karma et Lucas, de Unique Adventure International, qui seront respectivement nos guide et porteur pour les prochains 14 jours. On fait le plein d'énergie en mangeant des fameux momos et en buvant du thé local (qu’on boira éventuellement 3x par jour), et on commence fi-na-le-ment à marcher nos premiers kilomètres! D’ici 2 semaines, on devrait avoir parcouru autour de 150km. C’est lorsqu’on n’entend plus le son des avions qui décollent et atterrissent à Lukla qu’on commence à réaliser qu’on s’enfonce tranquillement dans le région de Khumbu où siègent les plus hauts sommets du monde. On ne se rend même pas compte qu'on est déjà rendues à Phakding où on passe la première nuit!!! C'est demain qu'on passe aux choses sérieuses, notre première bonne montée nous attend!

Jour 2 (28 septembre) : Namche - 3440m - 10km - 5h de marche 

6h45am, le cadran sonne. On sort de nos sleepings bag à reculons parce qu’il  fait tellement froid dans la chambre et c’est tellement humide! On s’habille en vitesse (pas compliqué car on s’habille comme la veille), on prépare nos sacs à dos, on rempli notre camelbak, on mange notre gruau et on s’assure qu’on a rien oublié car c’est certain qu’on ne fera pas demi-tour! Et c'est d'un pas décidé qu'on part vivre un des plus beaux moments de notre vie. Première vraie journée de trek. On s'en va à 3440 mètres où on va passer deux jours à s'acclimater. La marche est tellement agréable, l'air est bon, il fait chaud et le paysage déjà époustouflant! Il y a des tas de chutes qui se jètent dans la rivière qu'on traverse d'un bord et de l'autre sur des bonds suspendus qui donnent le vertige, mais qui offrent aussi des vues malades. Si les yaks peuvent les traverser, nous aussi on peut. On traverse des tonnes de petits villages, on reçoit des sourires du peuple sherpa et on ne peut éviter les frissons lorsqu’on entend la chanson de prière Om Mani Padme Hum. La montée jusqu'au village de Namche nous donne un avant-goût de ce qui s'en vient : un pas à la fois! Et on découvre les bâtons de marche qui, durant les premiers instants, sont plutôt encombrants. Mais une fois qu'on a pogné la twist, c'est juste indispensable! Comme on n'est pas des habituées de randonnée, c'est pour nous une vraie révélation! Ça enlève beaucoup de poids sur les jambes, donc plus d'endurance, en plus d'améliorer la posture et d'aider la respiration! Pour vrai, c’est magique! 10km et 5 heures plus tard, on arrive donc à Namche Bazaar, un gros village au milieu des montagnes qui grouille de touristes. Ici, on fait le plein de papier de toilette, d'Aquatabs et de chocolat parce que dans les villages suivants, ça va coûter une beurrée.

Jour 3 (29 septembre) : Namche (acclimamation Khumjung) - 3790m - 5h de marche 

Pour une journée d'acclimatation, on a quand même marché 5 heures. La prévention pour le mal aigu des montagnes est mise de l’avant partout où on va, c’est vraiment sérieux et ça nous rappelle d’écouter notre corps à chaque instant et de boire beaucoup, beaucoup d'eau. Le ciel est couvert et on commence à être impatientes de voir un sommet enneigé émerger des nuages. Demandez et vous recevrez! Lhoste, petite soeur de l'Everest (parce que nous on a décidé que ce sont des filles), sort de sa cachette et se montre, imposante. Coup de coeur pour cette montagne! C'est tellement impressionnant! Il y a quelque chose de vraiment envoûtant dans l'Himalaya. Au-delà des montagnes en soi. On ne sait pas si c'est notre amour pour le Népal, le peuple sherpa, l'état d'esprit dans lequel on est, mais c'est vraiment quelque chose!! Vivement la suite...

Jour 4 (30 septembre) : Deboche - 3820m - 8km - 4h de marche 

Le soleil est haut dans le ciel, on est bien. On marche d'un bon pas malgré notre respiration saccadée et tout d'un coup : boom! L'Everest est devant nous! On la reconnait tout de suite pour l'avoir tellement "étudiée" :) On vire folles! Et Lhotse apparait également à côté et on est là à regarder deux montagnes majestueuses de plus de 8000 mètres. Ca nous redonne un méga boost d'énergie pour se rendre au prochain village à 3820 mètres : Deboche. Juste avant de se poser pour le reste de la journée, on traverse Tengboche où il y a le plus vieux monastère du Népal.  On le visite de l’extérieur seulement, car on arrive trop tôt pour avoir accès à l’intérieur, mais avec les nuages qui l’entourent et les moines qui se promènent dans le village, c’est un coup d’oeil impressionnant. Rendues au village, on se retrouve au même teahouse que deux Québécois qu'on a rencontrés à Katmandou alors on passe la soirée ensemble et pendant un instant, on a le meilleur des deux mondes : un peu de chez-nous dans un environnement de rêve. La santé est bonne, l'acclimatation va bien, on a du fun, on va vu l'Everest.... difficile d'être mieux que ça. On a même droit à notre premier feu de foyer pour se réchauffer. 

Jour 5 (1 octobre) : Dingboche - 4410m - 10km - 4h40 de marche 

''Bistare bistare'' (Doucement, doucement)! Aujourd'hui, on atteint les 4000 mètres et ça se voit par le changement de paysage. Les arbres disparaissent tranquillement pour faire place à quelque chose d’un peu plus désertique. On marche face au sommet de l'Everest et on avance comme un cheval qui suit la carotte. L'après-midi se fait dans les nuages. On avance d'un pas lent mais stable en fixant le sol et on tombe en état quasi méditatif... jusqu’à ce que deux Belges arrivent à nos côtés et nous disent : "C'est vous les deux Canadiennes qui ont quitté leur job pour voyager?" Voilà! C'est notre titre! Sur la montagne, tout le monde suit pas mal le même chemin et on finit par reconnaître des visages, on entend parler de ce qui se passe autour, on se donne des tapes dans le dos et parfois, on se retrouve le soir au même teahouse. C'est encore une fois un endroit où les liens se créent rapidement à cause de l'intensité de ce qu'on vit. Un autre aspect magnifique de cet expérience. Arrivées à Dingboche, à 4410 mètres, on tombe de fatigue, et le mal de tête commence à se faire sentir. Mais une récompense nous attend : une douche chaude! Première douche de l'expédition, ca fait changement des lingettes. On est au lit à 19:00, espérons que la nuit sera bonne malgré le froid, le mal de tête et le sleeping bag rempli de nos batteries de caméra/cell (ça décharge plus vite au froid et en altitude), et de notre linge qu'on réchauffe pour demain.

Jour 6 (2 octobre) : Acclimatation Dingboche - 4800m - 2h00 de marche 

Avec douze heures de sommeil dans le corps, on se sent topshape pour... une journée d'acclimatation! On va donc marcher dans les nuages pour atteindre le 4800 mètres. Malgré que le ciel soit couvert, on aperçoit quelques sommets enneigés et le soleil se montre le bout du nez. On laisse nos corps apprivoiser l'altitude pendant une trentaine de minutes en relaxant sur un rocher, et on redescend se prélasser au soleil en attendant que le froid s'installe et qu'on ne soit bien que près du feu ou dans notre sleeping bag. L'acclimatation semble faite car on se sent vraiment bien! Tant mieux, parce que la journée de demain est généralement une des plus difficiles. On va dormir à 4910 mètres, avec une montée assez abrupte qui nous attend demain midi. Go go go, mais avant, dodo.

Jour 7 (3 octobre) : Lobuche - 4910m - 8km - 5h15 de marche 

On se réveille avec un ciel bleu bleu bleu, et on réalise à quel point on est entourées de montagnes toutes plus belles les unes que les autres. C'est féerique! Et ca donne l'énergie nécessaire pour entamer le fameux jour 7. C'est parti! Les paysages sont juste merveilleux, chaque coup d'oeil est époustouflant! Pas d'Everest à l'horizon, elle nous tient en haleine ;) C'est le souffle court qu'on arrive en haut d'une colline appelée "Memorial". C'est un lieu de commémoration pour les gens qui sont morts sur les flancs du toit du monde. C'est assez poignant et touchant. L'Everest est une montagne magnifique, mais elle a pris beaucoup de vies. D'où l'importance de respecter la montagne, de ne pas se croire supérieur... c'est elle qui a le dernier mot. En route, on a appris à "parler" à la montagne par les rituels bouddhistes : toujours passer à gauche des roches de prières ou des stupas, tourner les moulins de prières autour des monastères en allant dans le sens des aiguilles d'une montre, et en murmurant le mantra Om mani padme hum, et respecter le code éthique. Ça peut sembler bizarre pour des touristes de faire cela, mais même en n'étant pas bouddhistes, ca prend tout son sens quand on est ici. Tout ça est plus grand que nous, et ça se place dans l'esprit de pèlerinage qu'on est. Ici, tout est plus pur, plus lent, plus senti... On sort de notre zone de confort physiquement et mentalement. Mais c'est un peu pour ça qu'on est là!!! On va donc espérer passer une bonne nuit à Lobuche, 4910 mètres, car demain, on s'en va au camp de base de l'Everest... notre destination finale, qui est pour certains le point de départ!?

Jour 8 (4 octobre) : Camp de base - 5364m - 11km - 6h45 de marche 

Aujourd'hui, c'est une journée remplie d'émotions! Côté négatif, c'est aujourd'hui qu'on a cassé. Physiquement, ça ne va pas notre affaire. Mais on remarque qu’on n’est pas les seules à ne pas feeler. Rendues à cette étape du trek, beaucoup de gens commencent à sentir le mal des montagnes. C’est une très grosse journée : on a un 8h de marche qui nous attend, et où on passe le gap des 5000 mètres pour se rendre à 5364 mètres (camp de base). On endure quand même et passe outre le mal d'altitude parce qu'on commence à se sentir en terrain "connu" (dû à notre obsession pour les expéditions sur l'Everest). Au dîner, à 5164 mètres, où on va également passer la nuit, on se demande vraiment comment on va faire pour se rendre au camp de base et en revenir (4h de marche pas facile). Mais on comprend vite l'obsession du sommet des alpinistes parce qu'on se met en route et on pousse et pousse et pousse et finalement, on y est!!! Et là, on se sent magiquement bien! Un rush d'adrénaline, d'émerveillement et de fierté! Notre guide se retourne pour nous dire “congratulations” et on se met automatiquement à pleurer et à réaliser qu’on a réussi! Et autour de nous, on voit les prayers flags partout, le Khumbu Icefall tellement dangereux, le camp 1 au loin, Lhotse, Nuptse, Pumori.... et on peut facilement imaginer la suite vers le sommet du toit du monde. Quelques avalanches nous font encore plus saisir l'ampleur de où on se trouve! Irréel! Mais après une demi-heure d'extase, c'est le retour à la réalité et il est temps de se remettre en route. L'objectif est atteint, mais le défi n'est pas terminé. Il nous reste encore un long chemin pour le retour vers Lukla, incluant la passe Cho La, la partie la plus difficile du voyage!? Le retour au village de Gorak Shep est pé-ni-ble!! C'est dur à expliquer en mots, l'état un peu léthargique dans lequel on est. On ne feel pas pantoute, on a au moins deux heures à marcher, au gros soleil tapant, sur des chemins qui nécessitent notre concentration et on va passer la nuit à 5164 mètres. Mal de tête, nausées, étourdissements, fatigue, perte d'appétit, taux d'oxygène à 73%... Notre guide nous force à manger notre soupe tomates et ail (ark! mais il semblerait que l’ail est bon pour contrer le mal d'altitude) et on se met au lit, en grelottant bien sûr parce qu’on gèle! On espère que le repos, le litre d'eau qu'on vient d'avaler et le Diamox feront effet (hé oui, on a capitulé sur l'acclimatation naturelle... le Diamox est notre épidural). Demain, on doit se lever à 5h30am pour aller monter Kala Patthar, une montagne à 5643 mètres, qui servira de dernière acclimatation, avec superbe vue sur l'Everest, Nupste, Lhotse et Pumori. Mais en ce moment, on pense pas mal annuler la montée, on est beaucoup trop faibles.

Jour 9 (5 octobre) : Kala Patthar - 5400m (mi-chemin) ; Dzonglha - 4835m - 11km - 6h15 de marche

5:20am, ça cogne à la porte. Karma, notre guide (et maintenant ami) vient vérifier si on est d'attaque pour la suite, si on redescend en altitude, ou si on appelle les secours! On se redresse dans notre lit, shake un peu la tête pour voir si la douleur est encore là, on se regarde pour confirmer si l’autre se sent mieux et on est TOP SHAPE (dans les circonstances). La magie du corps humain (et mention spéciale au Diamox). On s'habille donc en vitesse et c'est parti pour un autre trois heures de marche en montée. C’est la première fois qu’il y a une petite couche de neige au sol, et ça rappelle des souvenirs du Québec. C’est tellement difficile! Avec notre post-souffrance d'hier, sans souper ni déjeuner dans le corps, et en allant toujours plus haut, on n'en peut plus! Notre guide voit clairement qu’on n’est pas au top de notre forme physique alors il nous suggère d'arrêter à mi-chemin, à 5400 mètres, et on accepte sans rouspéter. On ne se prive de rien car la vue est superbe avec la lumière du lever de soleil. Et en pensant aux cinq heures de marche restantes après le déjeuner pour se rendre à Dzonglha, on en a assez! D'autant plus que demain, c'est la journée de la passe Cho La, l'effrayante passe!!! On revient donc au village pour déjeuner et attaquer la suite. C’est d’ailleurs à ce moment précis qu’on a notre premier craving de beurre de peanut :) On n’aurait jamais cru que le beurre de peanut pourrait être introuvable en voyage, c’est généralement une valeur assurée. Et ça serait si bon pour pour améliorer notre état physique. Mais on se contente de gruau. En marchant vers le prochain village, on réfléchit à notre état en s'auto-analysant pour la suite. Est-ce qu'on va être capables de faire Cho La? Avec tout ce qu’on a entendu et lu, on n’est vraiment pas rassurées. Mais on en vient à la conclusion que tellement de choses nous sortent de notre confort:

  • Le jour, le soleil est vraiment fort, mais on dort complètement gelées avec des températures en dessous de 0 degrés Celsius… Et sans chauffage!
  • La fatigue s'accumule. On marche en moyenne 6h par jour en up and down, en altitude, et on parle de plus de 10km par jour.
  • Entre le mal de tête, le bruit des chambres voisines, le besoin constant de faire pipi, le sleeping bag rempli de trucs qu’on veut garder au chaud, on n'a pas des nuits très récupératrices.
  • Même si la bouffe est vraiment bonne, il n'y a pas vraiment de protéines sur les menus parce que la viande n’est pas de confiance considérant le trajet qu’elle doit faire pour se rendre au même endroit que nous. 
  • Les toilettes normales sont un luxe et en buvant 3-4 litres d'eau par jour pour aider à contrer le mal de l'altitude, on les visite souvent.
  • On ne prend pas de douches et se laver avec des petites lingettes, c'est vraiment frette!
  • On n’est pas raquées, mais on sent les muscles s’affaiblir, chaque pas est plus difficile que le précédent. 

Et que dire de l’altitude qui nous a frappées de plein fouet, on se sent comme de vrais déchets, mais des déchets heureux! Car malgré tout, on est tellement chanceuses parce qu'on n'a pas d'ampoules, pas de mal musculaire (encore), pas de pluie, pas de rhume ou de toux, pas de bobos ou de blessures.... Et tout le reste, notamment les paysages et tout le côté spirituel, c’est tellement énergisant! Alors oui on va être capables! On a la chienne mais on va y aller à notre rythme alors ça prendra le temps que ça prendra, mais on va la faire cette fameuse passe. Let’s do this!

Jour 10 (6 octobre) : Cho La Pass - 5420m / Thangnak - 4700m - 5h45 de marche

Réveil à 4h20am et c'est parti!!! Physiquement, on est fatiguées, mais ça va bien! Le mental est ok. On anticipe quand même la tâche ardue devant nous depuis quelques jours. Pendant le trek, au fil des jours, on rencontre plein de monde et on se brief sur ce qu'on a vécu. Cho La revient souvent dans les conversations comme étant la chose la plus dure du trek. Montée intense de 2 heures dans les rochers glacés, passage dans la neige quelques fois glacé aussi, vents forts, froid, et une descente de 1h30, aussi difficile, sur un sol rocheux instable. Des crampons sont généralement nécessaires mais selon les échos, on va être correctes sans en utiliser. Il faut généralement traverser la passe avant 8h00am pour éviter les éboulements qui arrivent quand le soleil frappe la paroi rocheuse. Bref, avec ces infos-là, on se demande bien ce qu'on fait ici! On n'est pas des trekkeuses accomplies. On est en forme, mais on n'a jamais vécu ça! La peur de l'inconnu et de ne pas connaître ses limites, surtout à 5330 mètres. Mais notre guide nous fait confiance, et s’était assuré qu’on avait tout l’équipement nécessaire pour affronter ce qui nous attend (down jacket, coupe-vent, tuque, bas ultra chauds, etc.). Alors on se lance. Et ça se passe comme un charme! On n'en revient pas! C'est vraiment dur, mais un pas à la fois, lentement mais sûrement, on fait la passe à la passe :) On a même établi le record de vitesse de notre guide! Les gens qu’on recroise en chemin nous surnomment même les sportives. En s'attendant au pire, on est agréablement surprises! Ah les attentes! Les paysages sont juste fous (encore), il fait vraiment beau et on est en super forme. On décante tout ça durant le 2h30 de marche pour se rendre au prochain village, et comme on arrive tôt, on se couche dans l'herbe, au soleil qui plombe à la mi-journée, et on est si bien! On s'énergise! On se rappelle déjà des souvenirs des jours précédents. On ri. Ça a été une vraiment belle journée et on est dont fières. La nuit va être bonne. Et dire qu’on a failli virer de bord...

Jour 11 (7 octobre) : Phortse Thanga - 3680m - 7h de marche

Dernier petit coup à donner avant la descente. On se met en route pour le lac Gokyo, un lac turquoise dans les montagnes. Mais avant d'avoir la chance de l'admirer, on doit traverser le glacier Ngozumpa. Monte, descend, monte, descend... la vue est magnifique mais ici, la règle est claire: si tu regardes en l'air, tu arrêtes de marcher sinon tu t’enfarges. Et comme il faut traverser, encore une fois, avant que le soleil fasse fondre la neige, on garde un pas steady. Et après 3h de dur labeur, on arrive en haut d'une colline, et le lac apparaît! Une des plus belles images qu'on a eu la chance de voir. Sans mot! Le turquoise du lac, le bleu du ciel, les montagnes noires et blanches... on dirait une peinture. La nature a vraiment plus d'un tour dans son sac!!! Même notre guide s’exclame ''WOW'', malgré qu'il ait vu ce paysage des tonnes de fois. On reste là, éblouies, pendant quelques instants, et c'est rapidement le moment de se remettre en route car on est loin d'être arrivées. C'est l'heure de retourner au point de départ, et on a un bon 5 heures de marche devant nous pour le reste de la journée. La descente se fait plus rapidement, mais n'est pas de tout repos. Des journées relaxes, il n'y en a pas! Mais rendues là, on ne s'en rend même plus compte, c'est notre nouvelle routine et on ne veut tellement pas qu’elle se termine. On ne sait pas si c’est parce que l’adrénaline est finalement descendue, mais c’est ici qu’on a eu notre meilleure nuit de sommeil depuis le début du trek. On a dormi comme de vrais bébés. 

Jour 12 (8 octobre) : Retour Phakding - 2610m - 7h de marche

Aujourd'hui encore, on marche des heures et des heures dans des paysages dignes du Seigneur des anneaux. Des chemins sans fin à flancs de montagnes avec des vues à couper le souffle, des petits villages charmants perdus dans les montagnes, des chutes de plusieurs mètres de long, et nous, marchant en état méditatif, perdues dans nos pensées, la tête remplie d'images grandioses, tellement heureuses!! On rencontre des gens qui ne font que commencer leur aventure. On les envie, ils nous admirent! Ça sent la fin. On sent tranquillement l’émotion nous emparer. On lève notre premier verre avec notre guide depuis le début de cette aventure. On fête notre réussite, notre amitié et le dépassement de soi!

Jour 13 et 14 (9-10 octobre) : Retour Lukla - 2860m - 7km - 2h30m

Le retour à Lukla, où on prend l'avion pour retourner à Katmandou, est émotif. Nos derniers pas sur ce fameux trek du camp de base de l'Everest et l’arrivée à Lukla nous mettent la larme à l’oeil. On ne veut pas que ça finisse. Karma nous invite à manger des momos chez lui et à prendre le thé en compagnie de sa femme. Quel plaisir de découvrir leur quotidien pour un instant. Le soir, on se rend tous au Irish Pub de Lukla pour fêter et on y laisse une trace de notre passage au plafond du bar, parmi plusieurs autres messages de victoires: Dreams comme true! EBC 2017! Jen, Marjo, Karma et Lucas. Quitter ce petit paradis, quitter Karma, retourner dans le chaos de Katmandou, ça ne nous tente pas, même si d'autres beaux projets nous attendent. On éclate en sanglots lorsque Karma vient nous chercher à notre hôtel, le lendemain matin et qu’il nous met un foulard khata traditionnel autour du cou (ce qui signifie pureté, bienveillance, bon présage et compassion). Et ces larmes nous ont suivies jusqu’à Katmandou.

Même si on n'a jamais été aussi inconfortables de notre vie, on n'a jamais été aussi bien. Le moment présent, on l’a vécu à fond. Une épreuve physique et mentale qu'on n'oubliera jamais! Nos limites, on les a poussées. On a jamais autant rit et souffert en même temps. Il y a des moments dans la vie qui nous changent, qui créent quelque chose de fort, qui renforcissent des liens déjà puissants... et les 2 dernières semaines font partie de ce genre de moments! Une chose est sûre, maintenant, on a la piqûre. 

La fois que Katmandou nous a convaincues de rester

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La fois qu'on partage nos coups de coeur de Cape Town

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